La douche à l'italienne a largement pris le dessus dans les rénovations récentes, mais la baignoire reste loin d'être obsolète : le bon choix dépend de la surface disponible, de la composition du foyer et de l'usage réel qu'on fait de la salle de bain, pas d'une simple tendance.
La surface disponible tranche souvent le débat
Dans une petite salle de bain, la douche à l'italienne reste presque toujours la solution la plus adaptée : son ouverture au sol, sans rebord ni receveur surélevé, agrandit visuellement l'espace et facilite l'accès, un vrai bénéfice sous 5 m². Dans une salle de bain plus généreuse, à partir de 6-7 m², une baignoire peut trouver sa place sans gêner la circulation ni imposer de compromis sur le reste de l'aménagement.
Compter au minimum 90x90 cm au sol pour une douche à l'italienne confortable, et 170x70 cm en moyenne pour une baignoire standard, davantage pour un modèle îlot qui demande du dégagement tout autour. Entre les deux, un receveur extra-plat de 80x120 cm avec paroi vitrée fixe convient bien aux pièces rectangulaires étroites, là où une cabine d'angle classique obligerait à sacrifier du rangement mural. Pour une pièce mitoyenne à une chambre, pensez aussi à l'accès : une porte battante de douche demande un dégagement d'au moins 60 cm devant elle, contrairement à une paroi coulissante qui ne mord pas sur la circulation.
Douche rapide ou bain de détente
La douche à l'italienne séduit par son accès facile, son gain de place et sa consommation d'eau généralement plus faible qu'un bain complet, un critère de plus en plus regardé. La baignoire reste associée au confort et à la détente : rien ne remplace ce moment de relaxation qu'une douche, même longue, ne procure pas de la même façon.
Pour les familles avec de jeunes enfants, la baignoire garde un avantage pratique réel, au-delà de la détente : elle facilite le bain des tout-petits jusqu'à l'âge où ils peuvent se doucher seuls debout, généralement autour de 5-6 ans.
Dans un logement partagé ou une maison à plusieurs étages, la question acoustique mérite d'être posée avant de trancher : une douche à l'italienne carrelée du sol au plafond réverbère davantage le bruit de l'eau qu'une baignoire, dont les parois pleines en acrylique ou en acier émaillé absorbent une partie du son. Un point à considérer si la salle de bain jouxte une chambre où quelqu'un dort encore lorsque la douche du matin commence.
Budget et travaux à prévoir
Une douche à l'italienne demande des travaux d'étanchéité plus poussés qu'une baignoire (pente d'évacuation dans la chape, étanchéité renforcée sous le carrelage), ce qui peut représenter un budget de pose supérieur malgré un équipement souvent moins cher à l'achat que la baignoire elle-même. Un défaut d'étanchéité mal exécuté à la pose reste le risque principal, avec des infiltrations qui peuvent apparaître plusieurs mois après les travaux si le point n'a pas été traité avec soin.
Pour qui hésite sans vouloir renoncer totalement à l'un ou l'autre, une baignoire avec paroi de douche intégrée reste un compromis fonctionnel, au prix d'un nettoyage un peu plus contraignant que les deux équipements séparés.
Pensez aussi à la revente si vous n'êtes pas propriétaire à très long terme : dans certaines régions, l'absence totale de baignoire peut freiner une partie des acheteurs potentiels avec de jeunes enfants, un critère à peser face au gain d'espace immédiat de la douche à l'italienne. À l'inverse, pour un projet pensé sur le très long terme, la douche à l'italienne présente un avantage d'accessibilité qui prend de la valeur avec l'âge : son seuil plat évite le passage par-dessus un rebord, un geste qui devient plus délicat avec une mobilité réduite, et permet d'anticiper un futur siège de douche sans travaux supplémentaires.
L'entretien au quotidien
La douche à l'italienne, avec son grand vitrage et ses joints de carrelage à l'horizontale, demande un entretien plus fréquent qu'une baignoire fermée par un rideau ou une paroi amovible : les traces de calcaire sur le verre se voient immédiatement, surtout avec une eau dure. Une raclette utilisée après chaque douche, en quinze secondes, limite considérablement l'accumulation et évite un nettoyage en profondeur hebdomadaire au produit anticalcaire.
Le receveur au sol, sans rebord pour retenir les cheveux et résidus de savon, doit être équipé d'une bonde à débit suffisant (au moins 30 l/min) pour éviter toute stagnation d'eau qui favoriserait les moisissures dans les joints. La baignoire, à l'inverse, concentre son entretien sur un nettoyage régulier de la surface émaillée ou acrylique, sans vitrage à gérer, mais avec un tour de robinetterie et de trop-plein à ne pas négliger, deux zones où le calcaire et les résidus de savon s'accumulent tout aussi facilement sans qu'on y pense.
Peut-on remplacer une baignoire par une douche à l'italienne facilement ?
Oui, c'est une rénovation courante, mais elle nécessite de reprendre l'étanchéité et souvent la chape pour créer la pente d'évacuation, pas seulement de retirer la baignoire.
La douche à l'italienne consomme-t-elle vraiment moins d'eau ?
Une douche rapide de 5 minutes utilise généralement moins d'eau qu'un bain complet, mais une douche longue peut consommer autant, voire plus : la durée compte davantage que le type d'équipement.
Faut-il une baignoire si on a de jeunes enfants ?
Elle facilite le bain jusqu'à 5-6 ans environ. Passé cet âge, une douche à l'italienne équipée d'un tapis antidérapant convient très bien pour la suite.
Architecte d'intérieur à Lyon depuis 2011, elle conçoit surtout des petites surfaces et signe la rubrique aménagement de deco.guide.
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